Remugle
Le temps est cruel, son courant si rapide
Nul ne peut gagner, sur lui des flots tranquilles
Et les embruns divins, le sang de son écume
Ont tôt fait de nourrir nos cœurs d’amertume.
Quelques pensées écrites et des photos jaunies
Sont les seuls vestiges que les déferlantes
N’ont pas encore rongés, ne m’ont pas encore pris
N’ont pas encore volés, en leurs vagues savantes.
Les souvenirs usés, noyés sous la brume
Sont brassés sans répit par les remous marins
Qu’alimente le vent de mes soupirs soudains
Quand ta main rejoint ta chevelure brune.
Le chagrin qui draine mes rêves et mes espoirs
Comme un cordon nourrit mon corps dans l’attente
Du grand jour où enfin je pourrais te revoir
Te toucher pour vivre ce que je m’invente.
Comme un marin perdu, sans bateau et sans quai,
Qui tantôt est brisé sur les rochers saillants,
Qui tantôt est happé au fond de l’océan,
Je dérive inutile sur les flots déchaînés.
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